Contes_de_TerremerLe génie n'étant a priori guère transmissible génétiquement, on pouvait avoir des doutes sur le lancement d'un nouveau film des studios Ghibli signé Goro Miyazaki. De fait, malgré le savoir-faire intact du studio, visible principalement dans la beauté de l'image, rien dans ces "Contes de Terremer" n'est digne de l'intensité émotionnelle ni de l'intelligence aigüe de Miyazaki père : la complexité audacieuse des personnages ne débouche ni sur un enrichissement de l'intrigue - d'une linéarité presque caricaturale - ni sur une mise en perspective morale ou philosophique du récit, tiré d'ailleurs des romans d'Heroic Fantasy d'Ursula Le Guin. Pire encore, on attend en vain le moindre souffle d'émotion, voire de vie, dans ce défilé d'images trop sages et de scènes déja vues cent fois : on s'ennuie ferme pendant les presque 2 heures du film, dont le seul intérêt est bien de nous confirmer la singularité du talent de Hayao Miyazaki. Quant à Goro, malgré la mise en scène du meurtre du père en introduction de son film, il a encore beaucoup à en apprendre.