The_WorldAlors que Jia Zhang Ke est en train d'acquérir de film en film l'image de plus grand réalisateur chinois contemporain, il était plus que temps de découvrir "The World", critique subtile et oblique - censure chinoise oblige - de la mondialisation et du nouveau consumérisme, et peinture impressionniste de ses ravages sur la société. Par petites touches à la fois précises, mélancoliques et légèrement atones - ce qui oblige le spectateur à un vrai travail pour "recoller" les morceaux de ces vies peu à peu brisées par la rationalité "commerciale" du monde -, Zhange Ke élabore une peinture qui tendrait facilement au désespoir absolu (on pense au magnifique plan séquence final), mais laisse heureusement à ses personnages la liberté de se battre encore ("On est morts ? - Non, ce n'est que le début", dialogue bouleversant qui clôt le film). Si le monde se réduit à un parc d'attraction sinistre, on peut toujours rêver qu'à Belleville ("la belle ville") ou à Ulan Bator, tout soit différent...