7h58"7h58..." est un film étouffant, tant par son absence de point de vue moral sur une histoire d'une rare cruauté, que par le stress littéralement insoutenable qu'il installe chez le spectateur, incapable de prendre la moindre distance par rapport à un scénario questionnant ses propres rapports à la paternité, la famille, voire l'amour en général. Sans doute faut-il avoir atteint le crépuscule de sa vie pour savoir mettre toute son expérience (et Lumet a réalisé plusieurs chefs d'oeuvre, au sein d'une filmographie évidemment inégale, au service des Studios) pour peindre l'infinie laideur de l'âme humaine, une laideur irrécupérable, impardonnable, que l'on ne peut que tenter d'effacer par des crimes encore plus abominables. Comme le monumental Philip Seymour Hoffman l'est encore plus qu'à l'habitude, le spectateur ne peut sortir de cette épreuve en forme de thriller que moralement détruit, et ce n'est guère que la trop grande artificialité de sa narration éclatée qui aura pu susciter quelque réserve sur ce GRAND film.