muranoBon, j'avais surtout envie d'aller au Murano pour admirer "le cadre", qui a la réputation d'être l'un des plus réussis de Paris. Le Gault et Millaut m'avait prévenu que l'on y mangeait correctement, sans forcément plus, mais rien non plus de rédhibitoire... Petit problème, quand nous arrivons, comme c'est samedi midi, il n'y a pas le choix, c'est brunch ou brunch. Bon, alors, on va choisir le brunch, hein ? Il faut dire que, passé l'émerveillement de la découverte du hall et de la "salle d'attente", avec sa fantastique - je pèse mes mots - cheminée, le "service" est assez euh... original : l'hôtesse blonde, mignonne au demeurant, vous accueille comme si vous étiez de vieux copains... sympa, décalé, un peu surprenant quand même dans le cadre d'un hôtel de luxe...

Une fois installés au milieu de la très jolie salle de restaurant, avec un patio intérieur protégé mais très lumineux, on peut donc se régaler de ce lieu de "luxe, calme et volupté", tout en lorgnant bien sûr sur le buffet (à volonté) où se trouve agréablement présentés tout un tas de "food" de partout (car on est bien dans l'univers du "fooding", chez les "beautiful people" ici, non ?) : antepasti italiens, tzatziki grec, jambon serrano (en fait, malgré la mention sur le menu, ça n'en est pas... c'était de la viande de boeuf séchée, façon viande des Grisons... peut-être à cause de clients musulmans ?), saumon norvégien, etc etc. Le champagne rosé est bien, mais 1) pas assez frais 2) servi dans des flûtes Veuve Cliquot (alors que ce n'est pas du Cliquot - bon, ça paraît pas grave, mais pour ceux qui, comme moi, ont un jour travaillé dans le champagne, ce genre de choses, ça ne se fait pas ! Ou du moins, pas dans un hôtel de cette classe !). Le garçon nous promet du rab, du coup, mais il ne nous l'apportera jamais...

Bon, que dire de la nourriture ? Correcte, sans plus, finalement la quantité (formule à volonté) fait oublier la qualité (je suis très prolo, finalement : du moment que j'en ai pour mon argent !!!). Une exception, les desserts, à peu près tous deux niveaux au dessus du reste, avec même quelques moments de pure délicatesse (la seule exception notable sera un baba au rhum sans rhum... peut-être à cause de clients musulmans (bis)?).

murano2Le moment est venu du "climax" de mon déjeuner : je descends aux toilettes ! Et là, à condition de trouver son chemin, c'est l'extase : c'est beau, beau, au point qu'on aurait envie de leur suggérer d'y installer des tables pour le brunch (on ferait comme dans le "Charme discret de la bourgeoisie", pour ceux qui me lisent et ont de la culture). C'est assez kitsch quand même, lourd et ostentatoire, mais ça en jette un max. Quand je serai riche, je veux les mêmes chez moi !

Lorsque je remonte, je suis témoin des conséquences d'un petit "incident" : un serveur a renversé 3 coupes de champagne sur la tête d'un nourrisson, et ça s'affole un peu partout dans la salle du restaurant. Bon, je rigole, mais les clients concernés n'ont pas dû rire, quand même...

Avant de partir, repus mais quand même pas si satisfaits que cela, vous l'aurez compris, nous avons le temps de reluquer autour de nous, et de nous rendre compte que tout ou presque est loin d'être aussi nickel qu'on le penserait au premier coup d'oeil : les nappes sont mal lavées et portent des traces de repas antérieurs, les pieds des fauteuils ont été bouffés par les détergents utilisés pour nettoyer les sols, tous les meubles ont pris un coup de vieux... Finalement, derrière le luxe, il y a la vie qui use et qui s'use, là aussi !

Voilà, c'était le brunch au Murano, une "expérience" que je vous conseille, si si... Et puis, vous pourrez toujours vous acheter un vélo avant de partir, ils sont jolis et "brandés", et ça fait quand même plus classe que se balader en Vélib', non ?