CloverfieldDepuis Hitchcock, non depuis Griffith, on sait qu'il ne peut y avoir émotion, identification aux personnages d'un film, empathie, que s'il y a "mise en scène". "Cloverfield", aussi fascinant soit-il, ne peut donc qu'être condamné à l'échec, et l'histoire (du Cinéma) en retiendra plus l'incroyable campagne "virale" sur le Net que le résultat à l'écran. Voici donc une nouvelle adaptation de "Godzilla", mâtinée de "Guerre des Mondes", construite sur un principe, qui avait assez bien fonctionné pour "Blair Witch", celui de la vidéo témoignage, grand phénomène contemporain depuis l'avènement de Youtube. Sauf que le sujet - SF - bloque toute "croyance", le spectateur ne pouvant jamais oublier qu'il est en train de voir le résultat - brillamment exécuté, il est vrai - d'un concept ambitieux. S'il n'y avait les réminiscences douloureuses de 9/11, incontournables, on resterait donc complètement froid devant ce déchaînement de violences et d'horreurs filmées au camescope, se contrefichant de ce qui peut arriver aux pantins qui s'agitent en tous sens sur l'écran.