There_Will_Be_Blood"There will be blood" commence superbement, avec 20 minutes muettes, telluriques, de vrai cinéma, portées par un travail musical original, impressionnant. Paul Thomas Anderson attaque ensuite progressivement l'un des thèmes majeurs de son récit, la collusion du capitalisme sauvage le plus cruel avec le fanatisme chrétien, jusqu'à la solubilité de la foi, aussi aveugle soit-elle, dans l'argent : soit un sujet passionnant, essentiel à la compréhension de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui, et auquel on doit les meilleurs moments du film (le baptême de Plainview...) . Daniel Day-Lewis, impeccable dans la première partie du film, mal dirigé, sombre ensuite dans ses habituels excès d'histrionisme, gâchant largement les 30 dernières minutes, et en particulier la scène finale, thèmatiquement capitale, qui sombre dans un grotesque involontaire. "There will be blood" est un film aussi ambitieux qu'inégal, plus lourdaud finalement que véritablement novateur, et dont on sort vaguement écoeurés, et certainement très frustrés...