Darjeeling_LimitedMoins drôle et moins chatoyant que le brillant "La Vie Aquatique", "A Bord du Darjeeling Limited" est aussi moins parfaitement "bouclé" que le précédent chef d'oeuvre du jeune prodige qu'est Wes Anderson, et c'est cette superbe ouverture sur le monde - ici l'Inde, aussi photogénique (on ne se refait pas...!) que propre à engloutir tous les tourments humains - qui confère au film une maturité nouvelle, un mystère permanent, une sérénité régulièrement bouleversante, qui tranche avec la mécanique maniaque, voire obsessionnelle des traumas familiaux au centre de l'oeuvre d'Anderson. Si le film flotte parfois, ressasse un peu trop des traumas de "fils à papa" qui peuvent irriter, la manière dont la brutalité de la vie troue sporadiquement la beauté irréelle de sa construction est suffocante : on n'est pas près d'oublier la scène de la noyade de l'enfant, ni celle - frontale bien entendu - du dévoilement du visage fracassé d'Owen Wilson. Dans ces moments-là, il se pourrait bien qu'Anderson frôle le pur génie.