PhenomenesLe dernier Shyamalan fait peur, très peur, ce qui prouve au moins que, en travaillant pleinement dans les codes éternels définis par ce vieil Hitch il y a plus de 60 ans, il est possible à un réalisateur talentueux de frapper les spectateurs au plus profond de leur âme. Donc, "Phénomènes", qui fait peur avec un peu de vent et de feuillage, voire avec une plante en plastique dans le coin d'une pièce, est du vrai, du bon cinéma. Pourtant, impossible de ne pas se sentir déçus par la simplicité thématique du film, l'absence de l'habituelle richesse contextuelle, politique ou symbolique des films de Shyamalan (si l'on excepte le thème intéressant et paradoxal de la désagrégation sociale comme vecteur de survie individuelle, ce qui est peu...), et en même temps irrités par les sempiternelles leçons (de morale, d'écologie, de philosophie à la mord-moi l'noeud) du gentil professeur Shyamalan. Et si, la prochaine fois, M. Night se contentait d'adapter les idées d'un autre ? Après tout, cela n'a jamais empêché Kubrick d'être un immense auteur !