Sous_les_Vents_de_NeptuneFred Vargas m'irrite, je l'avoue : entre sa pose poétique qui se traduit par une saturation permanente de ses romans par des images, des symboles, et sa tendance à ne s'attacher qu'à des personnages improbables, voire sur-réels, quel espace reste-t-il pour quelque chose de la vie survive dans ses romans ? Or, il m'a toujours semblé que la force du thriller était de se confronter à la réalité psychologique, sociale ou politique de ses personnages ou du microcosme social auquel ils appartiennent... tout en stimulant l'imagination et les capacités intellectuelles du lecteur. Rien de tout cela n'est possible chez Vargas, puisque son ambition est de sur-saturer sa fiction de sens et de conscience de soi ! Loin de toute réalité, psychologique, sociale, politique, "Sous les vents de Neptune" joue uniquement sur le plan symbolique : c'est amusant un temps, mais lourd, voire ridicule à la longue. Le roman se termine pour moi dans une débâcle totale, qui en fait le plus mauvais roman de Fred Vargas, entre manque de crédibilité totale des moindres rebondissements et un recours effrayant à un happy end infondé qui détruit dans les dernières pages le sujet le plus intéressant du roman, la culpabilité du commissaire Adamsberg. Ce qu'on retiendra de ce naufrage, c'est justement le seul élément "documentaire" (en apparence du moins, car je ne suis pas expert en la matière !) du roman : la découverte de cette langue enchantée et enchanteresse qu'est le québecquois.