Trois_Petits_toursThomas Fersen a une nouvelle passion, qu'il décline ici jusqu'à l'obsession : les valises. Il leur consacre une bonne moitié de son album, qu'elles contiennent tout ce qui reste de la vie d'un exilé, ou qu'elles servent de refuge un peu moisi aux souvenirs flétris. Les chiens de douaniers les flairent, la police des aéroports les font exploser : c'est que notre monde, qui persécute plus que jamais ses migrants, ne voudrait voir que des samsonites lustrées et pratiques, pas ces vieilles croûtes qui dégueulent d'une humanité à genoux. On peut trouver ça triste, surtout que Fersen est - pour la première fois - à court de mélodies pour porter tout cela. C'est en tout cas plus passionnant que le reste du disque, avec son bestiaire convenu et ses maladresses rabâchées. Mal inspiré - ce folk grabataire cède trop tard la place à un rock plus ambitieux, c'est pour la fin du disque seulement -, Fersen passe finalement à côté d'un vrai sujet : c'est sans doute temps qu'il la fasse lui aussi, sa valise, pour aller voir ailleurs si la musique n'y est pas.