Big_Foot_1Comment résister à l'attrait du nom de Richard Brautigan, "inspirateur" de ce "Big Foot" ? Grand choc de notre adolescence, la lecture de "Un Privé à Babylone" nous avait appris que l'on peut déconstruire un genre tout en le magnifiant. Et on retrouve bien ici ce même travail sur les codes, qui se voient allègrement retournés comme des gants, transpercés d'envolées poétiques intenses : n'ayant pas (encore) lu "Le Monstre des Hawkline", je ne sais pas ce qui appartient à Brautigan et ce qui est le résultat du travail de Dumontheuil, mais le tout est superbe d'intelligence, de profondeur et d'humour... même si l'on retrouve une angoisse existentielle noire derrière l'absurdité répétée de nombreuses scènes et dialogues... Un mot enfin sur le dessin ondulant, sensuel, dynamique, de Dumontheuil : c'est un pur et simple régal. Un seul bémol, une indéniable ressemblance entre le travail "intellectuel" fait ici sur le western et la série "Gus" de Blain, mais c'est certainement une simple coïncidence spatio-temporelle !