TheWrestler"The Wrestler", c'est Rocky filmé par les Frères Dardenne. Un Rocky interprété par lui même, et non par un acteur. Bref, le film d'Aronofsky, malgré toutes ses indéniables qualités - s'intéresser à l'Amérique des perdants, de la misère sociale, physique et morale - sans l'analyser ni la juger, sans en tirer de leçon, ni politique, ni psychologique - reste une machine - trop intelligente pour son propre bien - à fictionner en utilisant tous les ressorts possibles (le parcours "christique", clairement exprimé, du perdant magnifique, sur un scénario en étapes d'un calvaire bien dessiné et finalement hollywoodien ; l'intelligence et la légèreté d'un cinéma "social" (ré)inventé en Europe). Le meilleur de "The Wrestler" est donc le monstre en son centre, Mickey Rourke, effrayant et bouleversant, tellement juste (il est lui-même, et c'est tout) et stupéfiant que peu importent les artifices de ce petit malin d'Aronofsky : la vie palpite à l'écran, magnifique et étouffante.