PonyoChaque fois que l'on découvre un nouvel univers inventé par ce diable poète qu'est Miyazaki, il faut sans doute un temps d'adaptation avant de se laisser aller à la dérive béate que tant de beauté - complexe - appelle. D'où le fait qu'il est toujours difficile d'apprécier à sa juste valeur un Miyazaki la 1ère fois, et que, inévitablement, on sait qu'on le chérira plus à chaque vision. Film destiné cette fois aux "tous petits" (dans la salle, un silence irréel régnait, les mômes étant absolument hypnotisés), "Ponyo sur la Falaise" n'atteint pas au ravissement absolu d'un "Totoro" (on verra à l'usage, donc...), mais séduit l'adulte en nous, déjà, par son graphisme sublime (une constante chez Miyazaki, mais cela ne fait pas de mal de le rappeler) et la justesse avec laquelle la vie quotidienne "actuelle" est regardée par le vieux maître : le portrait de Lisa, la jeune mère, est par exemple l'un des plus beaux d'une femme moderne que l'on ait vu en anime. Pour le reste, on est évidemment éberlués par les déferlements imaginaires incessants de l'histoire... Et on sent qu'il faudra y revenir... Comme à chaque fois !