Still_WalkingPortrait délicat et en demi-teintes des tensions internes d'une famille japonaise - mais évidemment universelle (chacun d'entre nous méditera à loisir sur ses propres déficiences de père / mère, fils / fille ou frère / sœur au long de ces deux heures parfaites, et régulièrement émotionnellement éprouvantes) -, "Still Walking" évoque immanquablement Ozu, sans pourtant en atteindre le génie éblouissant. Comme chez Ozu, il y a chez Kore-eda ces instants véritablement magiques où une sorte de lumière sereine - et infiniment triste - envahit et l'écran et le cœur - serré - du spectateur, et qui font tout le prix de ce cinéma que l'on dit intimiste, mais qui est d'une complexité narrative et thématique permanente. Dans la contemplation d'une infinie précision des mille détails - parfois anodins, souvent cruels, occasionnellement drôles - qui révèlent tour à tour chaque membre de la famille, "Still Walking", s'il n'évite pas toujours une certaine évidence, atteint donc régulièrement l'enchantement.