2009_05_Lily_Allen_012Deuxième concert de ma fille Emilie qui approche les 10 ans, après Mika au Zénith l'année dernière. Du coup, nous nous installons au balcon de la Cigale, par égards envers sa petite taille et son manque de résistance. Et du coup, je vais vivre un concert assis, ce qui ne m'est pas arrivé depuis longtemps, et je vais pouvoir observer tranquillement le public qui remplit la Cigale (tiens, il y a Sliimy qui est là dans la fosse, il signe des autographes, se fait prendre en photo,... Donc j'immortalise moi aussi les 15 minutes de gloire de notre Mika stéphanois...).

21 h 07 - le drap blanc tendu en travers de la scène, Lily Allen et son groupe ont attaqué avec
 Every one at it : lumières spectaculaires, son impeccable, Lily avec pas mal de kilos en moins, les cheveux courts, un short en jean et des bas résilles, 2009_05_Lily_Allen_023Oh My God imparable, est vite avorté au sein d'un medley chaloupé. Oui, Lily est sur la route pour devenir une star, et si son show est aujourd'hui bien plus impressionnant que celui du Bataclan, je me sens un peu triste devant la jeune femme formatée qui chante en s'aidant d'un prompteur - déguisé en retour - placé devant elle (trop compliquées, tes paroles, Lily ? C'est pourtant toi qui les a écrites, non ?). Heureusement, il y a les intermèdes entre les chansons, où Lily est à nouveau elle-même, rougissante, bégayante, avec son rire idiot de fille pas très 2009_05_Lily_Allen_037fûtée, et là, d'un seul coup, on l'adore à nouveau, notre Lily... Elle boit des verres de vin blanc, d'ailleurs son verre est toujours vide, il faut qu'elle râle pour qu'on lui remplisse. Elle fume aussi, notre chère Lily, et à chaque fois qu'elle allume une clope, il y a des gens dans la salle pour la huer (parenthèse, histoire de râler un coup : qu'est donc devenu notre monde, quand un artiste rock se fait réprimander par son public lorsqu'il allume une cigarette ? Est-ce que, quelque part, ça ne donne pas des envies de suicide, ce monde-là ?)... et son groupe ont attaqué avec  et grimpée sur d'interminables talons aiguilles... On est loin du spectacle un peu approximatif de la fille boulotte et rigolote d'il y a deux ans : Lily évolue dans une classe différente, désormais, un peu loin du traditionnel ska-punk cher à parrain Joe Strummer. Pour tout dire, elle a un oeil sur les hit parades mondiaux de la pop synthétique qui se vend si bien sur toute la planète. La Lily Allen de 2009 est donc super-sexy, et elle chante vraiment très bien - il est loin aussi le temps des approximations touchantes de "Alright, Still". Plus de reprise des Specials, de Blondie, et même le traditionnel hommage aux copains Kaiser Chiefs, ce

Ce soir, en soixante-dix minutes, Lily Allen va nous jouer l'intégralité de son second album, que je n'aime pas beaucoup(de la pop sucrée écœurante, lisse et atone, seulement rehaussée par des textes brillants) et va complètement - ou presque - ignorer son chef d'œuvre de premier album, ce diamant brut qu'elle estime visiblement avoir dépassé : n'en resteront de notable qu'une version fade et tronquée de LDN et un Smile élégant en rappel. Je dois dire que ça me pose un vrai problème, même si, comme tout le monde dans la salle, j'apprécierai l'enchaînement fumant à la fin de Not Fair (texte 2009_05_Lily_Allen_050remarquablement "frontal" sur la tristesse d'avoir un mec qui ne sait pas vous faire jouir) et la provoc' géniale de Fuck You  (toute la salle danse en faisant des doigts d'honneur... mémorable !). Le rappel sera donc, logiquement, le point d'orgue de la soirée, avec, outre Smile déjà mentionné, l'imparable The fear avec sa charge au vitriol contre la "société du spectacle", et un final (enfin) vraiment rock avec une reprise rentre-dedans du Womanizer de Britney Spears (c'est Sophie qui m'a soufflé le titre, je fréquente assez peu moi-même Britney Spears...). Jolie fin donc pour une soirée à la fois parfaitement maîtrisée et indiscutablement décevante (j'aime de moins en moins l'évolution très commerciale de Lily). On pourra jaser sur une artiste qui doit, pour couronner son spectacle, emprunter un titre à Britney Spears, mais le plus ennuyeux pour moi, c'est bien le grand écart entre ce mauvais esprit rageur et tellement anglais dont Lily Allen fait preuve dans ses chroniques "londoniennes" et l'aspect de plus en plus inoffensif de sa musique. Cela s'appelle un dilemme.

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