changes_bowie"A new career in a new town" claironnait Bowie sur l'un de ses meilleurs albums, "Low". "A change is better than a rest" sont des mots qui me sont restés d'une autre chanson, dont le titre et l'auteur m'échappent désormais... Mais ce qui ne m'a jamais échappé, ce sont les bénéfices, voire la nécessité de changements réguliers - et fondamentaux - dans nos vies, des vies qui ont si facilement tendance à s'endormir dans la routine confortable offerte par la famille aimée, le boulot passionnant (ou au moins prenant), les amis et amies stimulants, voire par la facilité de l'existence dans notre monde occidental consumériste (je ne parle évidemment pas ici de ceux d'entre nous que la crise actuelle affecte, et qui se voient eux victimes angoissées d'un changement non désiré).

Oui, de temps à autre, il faut se mettre soi-même en danger, remettre en question ces valeurs qui nous construisent certes, mais qui sédimentent si rapidement, au point de se transformer en une gangue de certitudes, au sein de laquelle notre capacité de penser étouffe peu à peu. Partir régulièrement vivre dans une nouvelle ville, ou, mieux encore, dans un nouveau pays, en bénéficiant en outre des facilités offertes par une mutation professionnelle (car on ne vous demande pas de mettre en danger votre famille, non plus !) est pour moi une sorte d'hygiène mentale, de garantie contre cet engourdissement insensible qui nous saisit tous, contre le vieillissement inexorable, mais qu'il est indéniablement possible de retarder, pour peu qu'on soit prêt à se soumettre aux "stimulations" appopriées.

Eh oui, il va falloir apprendre une nouvelle langue, découvrir un nouveau mode de vie, se faire de nouveaux amis, trouver des compromis inédits pour préserver ses anciennes passions et en développer de nouvelles. Ça ne sera pas facile, mais ça sera excitant. Mieux encore, ça sera SAIN !

Cette semaine, je déménage donc pour Madrid, pour une durée indéterminée : 6 mois, 1 an, 3 ans, toujours (non, pas toujours !) ? Je n'abandonnerai pas mes vrais amis, comme je sais qu'ils ne m'oublieront pas : les outils modernes de communication sont tels que la distance physique est largement abolie entre nous, de toute manière. Je ne renoncerai pas au rock'n'roll, ni au cinéma, ni à la BD, vous vous en doutez bien, l'accès à la culture étant désormais beaucoup plus "égalitaire" qu'il ne l'a jamais été. Ce blog va continuer, j'allais dire "inchangé", mais en fait j'espère qu'il changera aussi. En bien. Contaminé comme tout le reste par "une nouvelle vie dans une nouvelle ville". Parce que "le changement vaut toujours mieux que l'immobilité".

Hasta luego !