Bronson"Bronson" n'est pas un film plaisant, et, malgré le talent indéniable de Nicolas Winding Refn, un talent quand même tonitruant, flirtant dangereusement avec l'esbrouffe, donne régulièrement l'impression de passer à côté de son très beau et très rare sujet (disons : "faire de son corps et de sa vie une "performance" ultime, basée sur l'affrontement littéralement insensé avec la société et l'humanité dans son ensemble"). "Bronson" est rempli de belles idées de cinéma (la bête dans la cage du début, le dénuement aliénant de l'asile, les peintures corporelles à la fois paiennes et sophistiquées du dernier épisode) et de mauvaises idées narratives (le démarrage du film qui vient trop tard, après un vrai épuisement de la narration en voix off, l'épouvantable stylisation du théâtre dans lequel Bronson expliquerait sa vie). Oui, "Bronson" est un film à demi-raté, pénible, parfois épuisant, mais il évoque et éveille la bête qui sommeille en nous, et nous révèle un acteur stupéfiant, Tom Hardy. Pas si mal, après tout !