Si "Inglourious Basterds" est à mon avis (aujourd'hui, on verra avec le temps) le moins bon Tarentino, avec des baisses de régime inhabituelles chez lui, et un unique manque de "transcendance" - presque un film de série B ordinaire, pour tout dire, une grande partie du temps -, il y subsiste encore suffisamment d'instants de génie, d'intuitions bouleversantes, d'inconscience même pour laisser bien loin derrière 90% de la concurrence. Pensons à l'utilisation brillantissime des langues, et l'idée - si peu américaine - que le pouvoir réside dans la maîtrise de celles-ci. Souvenons-nous de cette autre idée, belle à en pleurer, que, dans un monde de conte de fées, le cinéma aurait pu venir à lui tout seul à bout du nazisme. Admirons la manière dont Tarentino liquide ses personnages les plus aimables, réintroduisant au sein de son film-fantasme la vraisemblance de la mort réelle. Et célébrons Christoph Waltz, dans un rôle qui marquera le cinéma. Pas si mal, pour une simple demi-réussite !
29 août 2009