JudoVéritable OVNI cinématographique, "Judo" est aussi l'un des plus beaux Johnnie To que j'aie jamais vus, une sorte de poème visuel contournant autant les codes classiques du scénario (rien n'est prévisible dans le déroulé de ce récit pourtant traditionnel d'une rédemption à la manière Kurosawa, auquel le film est dédié, d'ailleurs…) que ceux de la narration cinématographique : pour saisir ce qui se joue - à toute allure - à l'écran, il faut diablement se concentrer - il y a une complexité inouïe dans la manière dont To organise ses scènes, je pense par exemple à l'époustouflant "triple dialogue enchevêtré" dans la boîte de nuit… Ou mieux, au contraire, se laisser aller au plaisir du film, abandonner toute résistance et se faire bercer par l'incroyable poésie qui s'en dégage : la merveilleuse poursuite à pied-ballet dans les rues de HK, avec envol de billets, enchaînée à la scène burlesque de la chaussure perdue, est indéniablement l'un des plus beaux moments de cinéma vus cette année. Sacré Johnnie To !