2010_01_Eli_Paperboy_Reed_08321 h 18 : c'est avec 3 minutes de retard seulement sur l'horaire prévu que les 7 musiciens des True Loves (4 blancs, 3 blacks, donc l'un des rares groupes mixtes qui existent, cela vaut la peine d'être signalé !) montent sur scène, pour une courte intro musicale, et un speech façon Mr Loyal pour nous présenter le jeune Eli "Paperboy" Reed, prodige vocal du rythm'n'blues revival... Costume brillant couleur bronze, pompes bleues pointues et brillantes (pas le daim rituel, donc !), avec quelques kilos en plus, Eli fait immédiatement preuve 2010_01_Eli_Paperboy_Reed_072d'indéniables progrès dans la maitrise de la scène et le contact avec le public, par rapport à la 1ère fois où je l'avais vu, à la Maroquinerie, en Juillet 2008. Musicalement, son style n'a pas notablement évolué depuis son apparition il y a 2 ans : on est toujours strictement dans le respect des règles établies - disons par Otis Redding -, juste avec une puissance accrue du backing band, au sein duquel se distinguent particulièrement un batteur black qui tape dur (ce n'est donc plus le batteur enragé de 2008, mais Eli n'a pas perdu au change !) et un jeune guitariste blanc et fou, qui lui est toujours le même, avec un look improbable. A noter aussi qu’Eli lui-même semble avoir fait des progrès à la guitare, même s'il en use parcimonieusement : à la fin d'un très beau Just Like Me, il nous offrira un solo rageur et surprenant ! Ceci dit, ce genre d'attitude, respectueuse d'un genre qui, il faut bien le reconnaître, est musicalement superbe, cette absence totale de second degré forcent l'admiration. Pour moi, le plus beau moment de la soirée sera paradoxalement la rupture de ton bien venue créée par un passage solo (Eli à la guitare électrique sans son band, jouant un Walkin' & Talkin' qui m'a laissé "sur le cul" !), puis vocal uniquement (Eli et son band sans instruments)... Ce qui peut 2010_01_Eli_Paperboy_Reed_106par contre fatiguer chez Eli Reed, ce sont ses démonstrations vocales extatiques et spectaculaires (on joue un peu de l'effet "tour de force"), un peu longuettes parfois, et cassant le rythme d'un concert qui gagnerait à être plus ramassé, plus concis. Reste qu'il y a une vraie générosité, toute simple d'ailleurs, dans les petits plaisirs que s'accorde et nous accorde Eli : faire monter des fans sur scène pour chanter avec lui, introduire ses musiciens en espagnol, s'extasier sur la salle (qu'il dit placer dans son Top 5 des meilleures salles qu'il connaisse dans le monde, et ça a l'air sincère... Ceci dit, je ne suis pas étonné, je suis moi-même à chaque fois ravi par la qualité de cette salle...).

Le rappel sera particulièrement percutant, plus rock, montrant peut-être la possibilité d'une sortie des canons du rythm'n'blues... Ce n'est pas certain qu'ils le fassent (ils commencent à rencontrer un succès certain...), mais Eli et son groupe gagneraient désormais à s'aventurer en dehors des sentiers fort battus tracés par les pionniers du genre voici près de 50 ans... Voilà, après 1 h 25, le concert s'arrête, mais le public, 2010_01_Eli_Paperboy_Reed_110incroyablement enthousiaste, ne veut pas quitter la salle et s'obstine à réclamer un second rappel. Eli revient donc devant le rideau baissé, mais ce sera juste pour saluer et remercier... ce qui évidemment ne fait rien pour calmer les esprits !

Au final, comme prévu, une bonne soirée sans prise de tête, autour d'un rock classique qu'on aime forcément toujours entendre, qu'il soit des années 60, 70 ou early 80's. Quant à Eli, je ferais le même commentaire que la première fois où je l'ai vu : malgré ses performances vocales, il lui manque toujours ce je ne sais quoi de "soul" qui lui permettrait de transcender la pure technique, comme le faisait par exemple Amy Winehouse dans un genre similaire...

L'intégralité du compte-rendu de la soirée, avec les Right Ons en première partie, sera postée sur le blog des RnRMf****s !