invictusSi "Invictus" ne figurera certainement pas parmi les plus grands films d'Eastwood, principalement parce que ses 30 dernières minutes, pour exaltantes qu'elles soient, ne dérogent pas d'un poil aux figures imposées du film "de sport", il reste néanmoins suffisamment de vrais "grands moments" de cinéma pour nous ravir, et ce comme peu de films savent le faire. Conjuguant une leçon eastwoodienne sur l'intelligence politique (qui pousse le film vers un domaine "théorique" un peu didactique mais passionnant) et une constante intelligence de la mise en scène (simple, lisible, toujours à la juste distance des personnages comme des faits historiques) et de la direction d'acteurs (Morgan Freeman, incarnation bouleversante de Mandela, y trouve le rôle de sa vie...) - deux qualités typiques du travail récent d'Eastwood -, "Invictus" se révèle, dans sa lumineuse évidence et malgré les limites de son sujet "historique", un pur bonheur.