Numero_9On connaît le conte de fée de la genèse de ce "Numéro 9", l'intérêt engendré par le court métrage fascinant de Shane Acker qui lui a permis d'étendre sa vision sur un peu plus d'une heure. Les critiques, fascinés par la beauté du monde post-apocalyptique construit par Acker (qui, en fait, n'est pas particulièrement révolutionnaire par rapport au travail de nombre d'animateurs de jeux vidéo, mais il y a fort à parier que les critiques de cinéma n'ont qu'une connaissance limitée de cet univers-là..), m'ont semble-t-il complètement négligé la faiblesse intrinsèque du scénario du film, enfilage de scènes mille fois vues ailleurs, le manque de lisibilité de la mise en scène au cours de combats répétitifs, et le manque total de puissance émotionnelle du film, qui le place bien en deçà de la plupart des productions du genre. Oui, "Numéro 9" se regarde comme un beau livre d'images, froid et assez vain, clairement surestimé, y compris par son producteur, Tim Burton, dont le moindre des personnages dépenaillés a bien plus de poésie que ceux de ce film à demi raté.