Minor_LoveUn cliché très répandu veut que, pour un artiste, la souffrance permet de nourrir son travail, de lui conférer une profondeur, voire une véracité qu'on ne trouverait pas dans le travail d'artisans plus doués, besognant sur leur "œuvre". Tout cela est évidemment une stupidité romantique de plus, et ce "Minor Love", disque mineur du talentueux Adam Green, le prouve jusqu'à l'absurde. Si l'on apprécie le retour à une esthétique lo-fi, voire bâclée, qui tranche avec les dérèglements "crooner / Las Vegas" des disques précédents d'Adam, il est impossible de ne pas regretter la confusion qui règne clairement dans son esprit - et son cœur ? - : pour une petite poignée de grandes chansons qui vont rejoindre facilement ce qu'il a écrit de meilleur, Adam se contente régulièrement de saloper une petite mélodie sans substance autour de vagues accords catchy, et d'y ajouter quelques paroles non-sensiques sur deux minutes vite expédiées. Il reste heureusement la voix d'Adam, peut-être plus belle ici que jamais, nue comme elle s'offre à nous.