GrandvilleIl y a dans ce "Grandville" de nombreuses raisons de se réjouir, la première étant certainement de voir la Grande-Bretagne, pays rétif à la BD, devenir un nouveau vivier de créateurs et d'artistes. Bryan Talbot frappe très fort, avec un scénario ambitieux mêlant uchronie (ex-fan de SF, j'ai toujours personnellement un faible pour ce genre d'histoires...), tradition antropomorphique (Talbot fait donc référence au dessinateur français Grandville du début du XIXe siècle), univers steampunk assez "à la mode", références politiques directes au 11 septembre et à la politique de terreur des néo-conservateurs (on n'aime pas forcément ces théories conspirationnistes, mais bon...), etc. Deux faiblesses néanmoins empêchent cette première aventure de l'Inspecteur Le Brock de nous séduire complètement : un recours systématique à la violence, qui finit par lasser, malgré l'habileté des dessins, et un happy end tellement invraisemblable qu'il en devient grotesque. On appréciera par contre le dessin élégant, mais moins la mise en couleurs, assez laide avec des effets "Photoshop" malins mais artificiels. On concluera donc que, dans un registre un peu similaire, "Grandville" n'atteint pas la classe folle d'un "Blacksad"... A suivre quand même.