Morse"Morse" est donc au garçons renfermés et exclus du monde ce que "Twilight" est aux filles romantiques déçues par leurs congénères humains : un conte d'espoir, l'espoir que quelqu'un de différent puisse vous comprendre et vous aimer, et tant pis si ce quelqu'un est un buveur de sang. Sauf qu'Alfredson et son écrivain-scénariste ont une autre intelligence que nos faiseurs hollywoodiens, et nous offrent une vision à la fois désincarnée (voir les quelques scènes sanglantes, totalement dédramatisées et distanciées, remarquables !) et incroyablement sensible (c'est pourtant une gageure que de parler d'amours pré-adolescents sans tomber dans les clichés). Il est seulement dommage que le film soit un tantinet trop long et se conclue de manière inutilement frustrante, mais ce ne sont que de petits défauts pour une oeuvre en tout point remarquable, par son rythme sûr, son image magnifique, et ses acteurs, parfaitement dirigés. Pas loin d'être l'un des chefs d'oeuvre du genre... mais est-on encore dans le genre ici ?