2010_08_The_Dandy_Warhols_Sala_Heineken_10821 h 30 : Le matériel restant sur scène est maintenant disposé de manière assez inhabituelle, les quatre membres des Dandy Warhols jouant « alignés », ce qui signifie par exemple que Courtney Taylor-Taylor, le chanteur, est au même niveau que la batterie de Brent De Boer. Mais ce qui signifie aussi qu’il y a un espace de plus de deux mètres entre le bord de la scène et les musiciens : c’est bon pour les photos du premier rang, ce recul, mais pas forcément terrible pour « l’ambiance ». Alors que les Dandy Warhols démarrent leur set lentement, en « bidouillant » tranquillement et en construisant leur son comme de manière expérimentale, avant d’attaquer par Mohammed, premier extrait ce soir de leur album phare et plus grand succès, « Thirteen Tales from Bohemia », on fait rapidement le point sur la manière dont se présente ce concert : le son est assez mauvais, ce qui n’est pas une surprise à la Sala Heineken, malheureusement, mais on sait que, peu à peu, comme toujours, il s’améliorera ; le groupe joue quasiment sans lumières, ce qui est surprenant et évidemment rageant pour les photos ; alors que la salle est bien pleine, le syndrome « de Madrid » joue à plein, avec un public de fans qui connaissent largement les chansons par cœur, mais sans aucune bousculade, donc une configuration bien différente et bien plus confortable a priori que le concert parisien d’il y a quelques jours auquel Pat a aussi assisté.

2010_08_The_Dandy_Warhols_Sala_Heineken_074Une chose frappante avec les Dandy Warhols, c’est l’absence totale de « look » du groupe, qui puisse aider à le classer dans telle ou telle catégorie, comme c’est toujours tentant – et simplificateur – de le faire. Absence de look, ou plutôt hétérogénéité des quatre membres, de droite à gauche en face de nous : Peter Holmström, le guitariste a adopté un look pur rock (cuir et t-shirt The Jesus & Mary Chain), modéré de la touche gay de sa casquette en cuir. Dans la pénombre, traversée de temps en temps de violents éclairs blancs, il apparaît concentré de manière presque autistique sur sa guitare : pour lui nous n’existons pas ; Courtney Taylor-Taylor, look simplissime jeans – t-shirt, a quelque chose qui me rappelle – en moins impressionnant, mais quand même -, notre ami Josh Homme : prototype du géant américain, viril et calme, concentré sur son chant et sa guitare, dégageant une aura impressionnante d’autorité et de professionnalisme, il séduit immédiatement les jeunes femmes du premier rang (d’ailleurs notre Inés déclarera de manière péremptoire qu’il s’agit là de l’homme de sa vie !). Brent De Boer est un batteur exubérant à la coiffure afro et au look seventies complètement décalé par rapport aux autres membres du groupe. Enfin, la charmante Zia McCabe aux divers claviers et outils électroniques, qui assure en outre la structure des morceaux en l’absence d’une basse, malgré ses kilos en trop, fait le show à chaque fois qu’elle en a l’opportunité : elle illustre la facette électro du groupe, son aspect plus moderne.

2010_08_The_Dandy_Warhols_Sala_Heineken_089Car la musique de Dandy Warhols, c’est vite évident alors que le set se déroule, est largement indiscernable : la palette de musiques interprétées est très large, du rock classique (l’imparable et stonien Bohemian Like You, qui crée toujours l’hystérie...) aux divagations électro-ambiantes assez rapidement pénibles et somme toutes assez paresseuses (il y a un terrible ventre mou du concert où l’on s’ennuie ferme, et qui, à mon humble avis, tire irrémédiablement le soirée vers une vacuité irrattrapable), du psychédélisme post-70’s à une sorte de glam pop assez séduisante. Le résultat est intellectuellement stimulant, mais pour le moins erratique et irrégulier en matière de pur « spectacle rock » : pour les flamboyances que sont un Godless (chœur du public remplaçant avantageusement la trompette) ou un Get Off, combien de moments un peu quelconques, comme si les Dandy Warhols manquaient finalement de substance ? Qui trop embrasse mal étreint ? En tout cas, après un beau final « noisy », Courtney nous propose de faire semblant, de faire comme si on faisait un rappel (« on dirait qu’on serait de retour dans nos loges et que vous nous rappelleriez... », charmant, vraiment !), et les Dandy Warhols clôturent la soirée avec une sorte d’improvisation country sur le thème : « Venez nous voir dans deux jours à Amsterdam... ».

Voilà, 1 h 40 qui m’ont paru un peu longuettes, je dois l’avouer, et je ne suis presque pas mécontent que ça soit fini. Je n’ai pas été bluffé comme me l’avais promis mes amis parisiens, seulement séduit par l’idiosyncrasie d’un groupe original, furieusement sympathique, mais oui, quelque part, en deçà du niveau auquel il devait être. Quelques éclairs d’excitations, pas mal de moments quelconques, mais le plaisir de voir et d’entendre quelque chose de différent, ce qui n’est déjà pas si mal. Pat use de son sourire pour que les roadies lui donnent l’une des set list convoitées, Juan Carlos est ravi comme toujours, et nous allons tailler le bout de gras avec les p’tits jeunes de Fake Drugs, afin de leur booster le moral en leur faisant quelques compliments.

L'intégralité de ce CR sera sur le blog des RnRMf...