2010_11_SVIIB_Sala_El_Sol_02722h50 : Ayant lu le jour même sur la newsletter de Robert (Gil) que la configuration du trio avait changé, je ne suis donc pas surpris de ne voir qu'une des deux sœurs jumelles Deheza, alors qu'un batteur supplémentaire crée une rythmique puissante derrière les mélopées de School of Seven Bells. Plus de claviers donc, mais deux guitares - enfin une et demi car celle d’Alejandra Deheza me parait plus servir de décoration, ou à lui donner un peu de contenance sur scène -, et la dream pop a cédé la place à une ambiance plus rock, plus tendue : Benjamin - au look de rockeur sexy et élégant - se charge de la quasi totalité de la texture musicale, le son de sa guitare passant à travers un nombre impressionnant de pédales d'effets. Derrière, le nouveau batteur tape dur, et c'est - comme le soulignait Robert - un choc frontal entre cette rythmique puissante et la musique du "groupe", un choc qui crée quelque chose de différent, pas inintéressant a priori. Mais tous les regards sont évidemment dirigés vers Alejandra, la sœur restante, petite femme aux vêtements sombres, et au jeu de scène minimal - je secoue mes cheveux, j'agite mes mains, je mime quelques riffs sur ma guitare : oui, elle est assez mignonne (on peut penser à notre chère disparue, Marie Trintignant), oui, sa voix est aussi impeccable que sur le disque... Je dois dire que l'ambiance à la fois électrique et rêveuse me paraît au début assez plaisante, et ce d'autant que j'ai été l'un des seuls parmi notre groupe d'amis à ne pas tomber amoureux de leur premier album « Alpinisms »... Mais, au bout de 2010_11_SVIIB_Sala_El_Sol_008deux ou trois morceaux, je me rends compte que tout cela n'est vraiment pas passionnant, et je sens l'intérêt du public autour de moi retomber comme un soufflé : toutes les chansons sont finalement très uniformes, et l'absence notable de mélodies, de rythmes accrocheurs ou de simples ruptures de ton n'offre finalement guère de prise à notre attention, qui se met peu à peu à dériver. Je suis aussi surpris de ne reconnaître absolument AUCUN morceau de « Alpinisms », que j'ai pourtant relativement bien écouté : s'agit-il d'une impasse totale sur le passé, étant donné la nouvelle configuration de School of Seven Bells, ou bien ce nouveau traitement sonore rend-il les chansons méconnaissables ? Il me faudra attendre de récupérer la set list à la fin pour trancher : trois titres de « Alpinisms » sur onze de la set list, Half Asleep en intro, My Cabal en final, Sempiternal en rappel… et je n’aurai rien reconnu !... Au bout d'une demi-heure, un morceau un peu plus électrique nous fait relever un peu la tête, et des applaudissements un peu plus chaleureux fusent. Benjamin nous confie en souriant qu'il s'agit d'une chanson composée à Madrid, avant d'ajouter, narquois : "mais je dis ça tous les soirs !"... Un peu plus de 55 minutes après le début du set, le trio sort de scène, et je ne suis pas certain de notre enthousiasme à réclamer un encore. Cette fois, nous avons tort, car 2010_11_SVIIB_Sala_El_Sol_041le dernier morceau (Sempiternal, donc…) s'avérera, et de loin, le meilleur de la soirée : quittant franchement les atmosphères éthérées, voici que Benjamin se lance dans de longues déchirures électriques, violentes, qui génèrent enfin en nous un début d'excitation. Final (un peu plus…) sonique, aidé par la sonorisation comme toujours impeccable de la Sala El Sol, et nous voici au bout d'une heure cinq minutes d'autant plus perplexes : en s'aventurant plus clairement sur un terrain rock noisy, School of Seven Bells pourrait nous intéresser à nouveau, mais leurs fans de la première heure rétorqueront certainement que le charme rêveur de leur musique n'y survivrait pas...


PS : L'intégrale de cette chronique se trouvera sur le blog des RnRMf !