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Le journal d'un excessif
23 novembre 2010

Arcade Fire au Palau Saint Jordi (Barcelone) le dimanche 21 novembre

2010_11_Arcade_Fire_Palau_Sant_Jordi_03321h44 : C'est parti pour mon second concert d’Arcade Fire en deux jours. Immédiatement, on est soulagés : ce soir, le son est absolument impeccable, et cela change pas mal de choses, surtout pour les morceaux plus calmes ou moins cathartiques : c'est le cas par exemple de Rococo, dont on perçoit toute la richesse de texture, et qui retrouve cette magnificence qui m'arrache des cris de joie.

De plus, si la setlist est composée exactement des mêmes chansons que la veille, leur ordre en est légèrement différent, qui ce modifie la dynamique du concert : Month of May conclut maintenant le set, après Rebellion, et la version "métal" de ce soir décape comme rarement on a entendu Arcade Fire décaper. Par contre, Keep the Car Running, placé cette fois en ouverture de rappel, n'a plus tout-à-fait le même effet renversant.

2010_11_Arcade_Fire_Palau_Sant_Jordi_026Mais au fond, si l'on vit le concert de manière différente, c'est plus une question de perception personnelle ou de réaction du public, les musiciens d'Arcade Fire restant fondamentalement fidèles à leur habituelle ligne de conduite, la même depuis 2004 : chaque morceau doit être joué avec tout son cœur, son âme, son énergie. Il est fascinant de constater qu'à aucun moment au cours de cette heure et demi purement enthousiasmante, aucun des huit membres du groupe n'a pu être pris en flagrant délit de "professionnalisme", de simple "application technique". Arcade Fire joue tout bonnement avec la fraîcheur des groupes débutants, mais aussi avec une énergie qui suggère que chaque concert pourrait être le dernier, après tout... C'est sans doute cette offrande permanente de soi qui, au delà de la qualité et de l'originalité de leur musique, propulse Arcade Fire au rang des tous meilleurs spectacles live auxquels on ait jamais pu assister : il suffit de voir la joie sur les visages, d'entendre dix mille voix - ou presque - qui chantent ensemble sur TOUTES les chansons, de sentir cette énergie positive qui se dégage du public pour toucher du doigt la différence entre les Canadiens et une grande partie de leur "concurrence".

2010_11_Arcade_Fire_Palau_Sant_Jordi_038Le public de Barcelone, justement, est un peu moins chaud-bouillant que celui de Madrid hier soir (Win Butler provoquera d'ailleurs les Catalans en leur disant avant d'attaquer la dernière partie du set que c'était là "leur dernière chance de battre Madrid qui a été sacrément fantastique la veille"...), et ce sera bien là le seul (très) petit bémol de ce concert : objectivement, oui je le répète, Arcade Fire a joué ce concert, comme à chaque fois, comme si c'était le premier et le dernier à la fois, mais nous, nous l'avons encore plus apprécié qu'à Madrid, grâce au meilleur son. Nous avons une fois de plus flashé sur les mouvements gracieux et les sourires enfantins de la belle Régine (ah! Sa danse avec les rubans colorés sur Sprawl II !), ri devant les facéties d'un frère Will toujours aussi déchaîné (s'il ne s'est pas jeté de la scène avec sa grosse caisse perforée comme la veille, il est allé se perdre cette fois vers les gradins !), admiré le grand Win Butler, sa coupe de cheveux asymétrique, son éternel look de paysan descendu à la ville, sa voix (très proche de celle de Neil Young sur le rock killer de Month of May, j'ai trouvé) et, surtout, son intensité - sans doute un peu moins douloureuse, torturée qu'à l'époque de "Neon Bible", plus joyeuse et positive désormais... De plus, comme nous étions placés en face de la gracieuse Sarah Neufeld, nous avons pu comprendre de manière plus "directe" le rôle des violons et des chœurs au sein de la musique baroque d'Arcade Fire.

2010_11_Arcade_Fire_Palau_Sant_Jordi_075Pour en terminer avec les comparaisons avec le show de la veille, les Barcelonais ont eu droit à une belle version de Intervention (d'après Gilles, la meilleure qu'il ait entendu cette année, et il en était à son quatrième concert...), certes moins terrassante sans le grand orgue tonitruant, mais avec sa splendeur douloureuse enfin restaurée... Mais pas de Suburban Wars ce soir, malheureusement, malgré les espoirs qu'avaient fait naître en moi le soundcheck. Le concert se clôt comme toujours sur Wake Up, dont je perçois mieux ce soir la beauté (... Même si la plus belle "hymne" du jour aura été pour moi Power Out, totalement grandiose et fracassé). Richard Reed Parry, le rouquin dégingandé à la chevelure de plus en plus longue, tend à Gilles B, par dessus la fosse de sécurité, une setlist (complicité entre roux ?), mais elle nous échappe du bout des doigts : damned, elle est récupérée par nos voisins ! Mais la déception de Gilles ne sera que de courte durée, et la setlist suivante ne lui échappera pas !

PS : Comme toujours, l'intégralité de ce compte-rendu sera posté sur le blog des RnRMf***s !

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