Flamenco_Flamenco_2"Tableaux de flamenco, lumières brillantes et son lointain mais clair, c'est la scène d'ouverture du "Flamenco Flamenco" de Carlos Saura, c'est-à-dire, pour le dire simplement, un peu plus de la même chose que ce qu'il nous amontré dans son film "Flamenco", datant de 14 ans.

Bien qu'il s'agisse d'un film plus élégant, plus sophistiqué, plus épuré en définitive, Saura continue dans son incapacité à refléter l'art, ni les sentiments des interprètes (sans aucun doute les meilleurs dans le paysage du flamenco actuel, passé ou futur..). Quelle erreur crasse, par exemple, que ce choix d'un playback évident pour un genre aussi vivant que le flamenco !

Saura choisit avec un mauvais goût incroyable les thèmes interprétés, essaye d'innover avec des versions nouvelles de thèmes aussi sacrés que "La Leyenda del Tiempo" (du génie de tous les génies, Camarón de la Isla) : une version chantée de nouveau, avec l'art merveilleux de San Fernando par la Niña Pastori, mais sur un rythme de fête popualire qui ne convaint absolument pas ! Même chose pour "Verde que te quiero verde" dans une version pop-flamenco, plus typique de groupes d'adolescents des quartiers marginaux que digne de la voix brisée du merveilleux "Manzanita".

Flamenco_Flamenco_3Estrella Morente, Farruquito et son frère "El Carpeta", Miguel Poveda, nouvelles stars déjà consacrées... un succès, oui, leur présence seule remplit l'écran. Grande comme toujours, Eva "la Yerbabuena" danse sans jamais nous décevoir. Rythme fantastique avec Miguel Poveda, superbe chorègraphie, malheureusement gâtée par le mauvais goût de Saura qui invente une pluie torrentielle sur ce couple qui n'en avait vraiment pas besoin. Paco de Lucia, Manolo Sanlúcar et José Mercé, eux sont "le flamenco" et son génie grandit à chaque plan.

Un final de "fiesta por bulerias" avec la génération la plus ancienne du flamenco, cet art pur qui ne suit clairement aucun scénario, et c'est peut-être le seul moment du film de "vrai flamenco"... Un film acceptable comme projet artistique, mais totalement dénué de l'esprit du flamenco, cet esprit que poursuit sans jamais l'atteindre Carlos Saura.

Il faudra attendre "Flamenco Flamenco Flamenco"".

Inés de la Rocha (traduit de l'espagnol, assez mal sans doute, par mes soins)