halcyon_digestIl n'est pas facile d'aborder le Deerhunter de "Halcyon Digest", tant la première impression est celle d'un disque en haillons, avec des mélodies plus rêvées que réelles, et une sorte de tendresse fatiguée, hébétée, qui commence par décourager l'attention. Au fil des écoutes, on se raccroche à quelques (rares) échos de musique connue : un passage glam-rock - déglingué - ici, de la noisy pop à bout de souffle là, beaucoup d'échos du troisième album du Velvet (la tendance Moe Tucker, comme chez Galaxie 500), mais un Velvet qui aurait emprunté les couleurs rosées de la pop psychédélique anglaise... Tout cela pour dire qu'on se retrouve au bout de quelques jours vraiment séduits par cette dérive soyeuse, mais jamais totalement confortable (la maladie qui rôde ?) et qui fait de "Halcyon Digest" un disque curieusement attachant, très très intime. Pas un chef d'oeuvre, non, mais il est parfaitement clair que l'intention de Deerhunter n'est absolument de collaborer à l'Histoire du Rock, juste de nous toucher le coeur et l'âme.