GetYer1C'est avec "Get Yer Ya-Ya's Out" que, en 1972, j'ai pour la première fois "compris" les Stones, malgré (à cause ?) de ce son si pourri, si étrange - d'ailleurs remarquablement amélioré sans y perdre pour autant son essence sur cette belle version vinyle remastérisé : j'ai touché du doigt l'héritage dévoyé du Blues et l'hommage respectueux à Chuck Berry, j'ai senti l'audace qu'il a fallu à Jagger pour que sa musique s'imprègne aussi franchement de souffre (... et de foutre ?), mais aussi l'avidité roublarde avec laquelle les Stones se déclaraient frères de toutes les révolutions. Outre les solos magnifiques (Mick Taylor) qui élèvent la meilleure version que je connaisse de "Sympathy for the Devil" vers la perfection, et l'irrépressible appel à l'insurrection de "Street fighting Man", il y a le déchirement de "Love in Vain" ou encore la lourde provocation de "Live with me", mais il y a surtout le sentiment irrépressible que les Stones, en 1969, étaient tout simplement inatteignables. Au sommet.