2011_03_White_Lies_Sala_Heineken_05422 h 05 : après les lumières uniformément bleues de Transfer et celles invariablement rouges de Crocodiles, un vrai light show – avec fumigènes - illumine l’entrée en scène de White Lies : pas très fair play, ça, et ce d’autant que le son me semble aussi bien plus clair et fort que pour les deux premières parties. Bon, je suis surpris de voir que White Lies sont cinq sur scène, et je ne me souvenais pas du look du grand bassiste, désormais un peu dégarni et barbu, qui occupe une place assez centrale et concourt même aux vocaux, il faudra que je vérifie sur mes photos de la Maroquinerie... Harry McVeigh (le chanteur), lui, avec 2 années en plus, n’a guère changé, il ressemble toujours à un mélange de Matt Damon constipé et de Ian Curtis trop calme, le contraire même du charisme, au point que ça en devient même vaguement ridicule quand il s’essaye à animer le public : s’il y a quelqu’un qui n’est pas fait pour la scène, c’est bien lui, et il plombe littéralement le set de White Lies, ce qui est dramatique quand on sait déjà le côté ampoulé, vaguement pâteux de leur musique. Bref, les soixante-dix minutes qui vont suivre, si elles vont nous révéler un groupe qui a clairement mûri par rapport à leurs (pénibles) débuts, vont aussi me prouver définitivement que White Lies ne sera jamais qu’un groupe de seconde zone, un groupe incapable d’insuffler ni émotion ni force dans des chansons qui – si l’on ignore les 2011_03_White_Lies_Sala_Heineken_085paroles, redoutablement crétines – sont plutôt bonnes... Mais de toute façon, les centaines de fans féminines qui ont rempli la Sala Heineken ce soir n’en ont visiblement rien à faire, et chantent en chœur, avec tout plein de bonheur dans leurs grands yeux brillants, les paroles des chansons. J’ai l‘air de rigoler, comme ça, mais non, en fait : il y a aura ce soir, grâce à la ferveur du public et seulement grâce à elle, un semblant d’atmosphère de concert de rock... Oui, sans le public, l’enchaînement de 14 morceaux (dont 3 en rappel), la plupart sur un tempo similaire, portés (?) par les vocaux monocordes et peu enthousiasmants de ce brave Harry, aurait vite tourné à l’épreuve... Relevons quand même Farewell to the Fairground, qui, sans que je sache vraiment pourquoi, m’a un peu réveillé, et puis, contre toute attente, le rappel, plutôt constitué de morceaux moyens, où une certaine profondeur s’est dessinée : le final sur Bigger Than Us n’a pas été si mal que ça, avouons-le ! Le set a néanmoins été l’occasion de quelques passages assez « embarrassants », comme à chaque fois que Harry essayait de se montrer joyeux drille, ou encore lors de la ridicule version de To Lose My Life (qui n’est pourtant pas une mauvaise chanson...). Le pire pour moi a été – mais c’est là la source de mon 2011_03_White_Lies_Sala_Heineken_076ressentiment envers White Lies, je l’admets bien volontiers... – la conclusion du concert avant le rappel, soit Death, une chanson qui a toujours été particulièrement déplacée, mais qui m’a paru presque infâme dans le contexte de la menace nucléaire régnant au même moment sur le Japon. C’est sans doute moi qui vois des problèmes éthiques là où il n’y en a pas (par exemple dans la tête des midinettes de 17 ans fans de White Lies), mais j’aurais apprécié que le groupe fasse ce soir l’impasse sur sa fascination puérile pour la Mort, le suicide, etc. Allons, Harry, grandis ! La vie, la Musique, c’est autre chose.

 

PS : le compte-rendu intégrale de la soirée, avec en particulier le beau set de Crocodiles, se trouvera posté sur le blog des RnRMF***...