MementoEn 2011, Christopher Nolan est un réalisateur "important", l'un des seuls sans doute à avoir imposé ses "mind games" au grand public et, logiquement, aux producteurs hollywoodiens. En 2000, sa première expérience - assez radicale quand même, vu l'effort imposé par la mécanique narrative du film à des spectateurs normalement peu habitués à ce genre d'exercice -  s'appelait "Memento", et, au sortir d'une première vision, nous avions tous souffert de grande confusion, voire de migraine, tout en nous demandant si Nolan était un implement faiseur malin ou avait vraiment l'ambition démente de créer des blockbusters conceptuels. Avec le recul, on s'aperçoit que la narration à rebours fonctionne toujours aussi bien, nous plongeant dans la même confusion que le héros, finement interprété par Guy Pearce, tandis que les flashbacks et l'autre flux narratif - inverse - sont magistralement utilisés par faire converger l'histoire vers une double révélation fort complexe, et donc satisfaisante. Oui, "Memento" reste une jolie réussite, un film mineur certes, mais justifié a posteriori par la carrière "à venir" de Nolan.