PulsionsÇa fait drôle de revoir aussi longtemps après l'un de ces polars baroques de la période post-hitchcockienne de la carrière de De Palma : on est immédiatement frappé par tout ce que "Pulsions" a de déviant, de hors normes par rapport à la production hollywoodienne, d'alors comme d'aujourd'hui. Un scénario passant le relais entre les personnages, avec d'étonnantes digressions "gratuites" (la superbe visite du musée), une méchanceté assez dégueulasse, ou en tout cas peu politiquement correcte, envers la sexualité féminine, une direction d'acteurs tellement relâchée que personne - même les plus professionnels comme Michael Caine - n'est jamais crédible... "Pulsions", jusque dans sa conclusion cauchemardesque des plus déjantées, a tout du foutoir, si ce n'était bien sûr ce qui intéresse vraiment De Palma (et là, on ne rigole plus...) une mise en scène parfaite, d'une inventivité constante, mais qui reste en permanence au service du travail théorique poursuivi par De Palma, en poussant des concepts hitchcockiens jusqu'à leur point de non retour, sur la vision et le pouvoir qu'elle confère à ceux qui la contrôle. Sous cet angle-là, "Pulsions" devient un film vraiment réussi. Et tout-à-fait impressionnant.