DSOTMEn 1973, "Dark Side of the Moon" m'avait définitivement fâché avec Pink Floyd qui était l'un de mes groupes favoris : simplisme des paroles qui rabâchaient des clichés contre le stress de la vie moderne, profusion d'effets sonores, certes impressionnants, mais qui transformèrent vite l'album en une simple galette de démonstration pour chaînes HiFi, variété des styles musicaux qui éloignait le groupe des grandes fresques psychédéliques que j'aimais, bref "le disque de la fin". En 2011, "Dark Side of the Moon" a tout de la madeleine de Proust : la pochette magnifique d'Hipgnosis (préférez la version vinyle...), la qualité des mélodies, certes simples comme toujours chez Waters & Co, la finesse de la construction, la richesse de l'univers sonore, la perfection de la guitare de Gilmour, et surtout le sentiment de beauté extatique qui se dégage de la majorité des titres, tout cela me semble justifier après coup le succès colossal, certes un peu disproportionné, de cet album légendaire. Certes pas un chef d'oeuvre, mais un instrument de plaisir d'une efficacité souveraine.