The_ArtistOn entre dans "The Artist" littéralement bluffés par la précision de la reconstitution de l'univers du cinéma muet, se sentant à la fois redevenir l'enfant émerveillé que l'on a été devant la puissance de ce cinéma des origines, et forcément un peu irrité par ce qui semble un pur exercice de style, bien dans l'esprit du travail naguère effectué avec OSS117. Et puis peu à peu, alors que le mélodrame déroule son mécanisme, on oublie l'artificialité du procédé pour profiter d'une belle histoire simple (légèrement décalquée sur "Chantons sous la Pluie", quand même) : car c'est au premier degré que "The Artist" plaît, pas aux "degrés supérieurs" (deuxième, troisième, on ne sait plus) d'un "concept" finalement peu cohérent (un acteur sans voix, mais dans un monde devenu parlant, c'était un thème fort, mais le pari n'est pas rigoureusement tenu par Hazanavicius). Notons pour finir la jolie "performance" de Dujardin, dosant avec justesse l'émotion au milieu de l'outrance d'un jeu volontairement stéréotypé.