15 décembre 2008

Triomphe de la fiction

11_SeptIl n'y a rien de plus odieux que toutes ces théories conspirationnistes qui fleurissent de plus en plus (fruit nauséabond du net, malheureusement !), et que le cataclysme planétaire (oui oui) du 11 septembre attise particulièrement. Derrière un apparent souci de "vérité" se dissimulent (mal) les remugles d'un négationnisme toujours renouvelé, ravalant de manière systématique et ignoble les victimes au rang de coupables, exonérant donc pour le coup les criminels : on connait le processus, qui a toujours permis d'accuser les victimes de viols d'avoir attisé le désir de leurs bourreaux, et de soupçonner la conspiration juive d'avoir mis en scène son martyre pour assurer sa domination sur le monde. Il me fallait cette mise au point avant de vous recommander de cliquer sur le lien suivant :

http://video.google.fr/videoplay?docid=-9058644522976940152&pr=goog-sl

Et de consacrer 20 précieuses minutes au visionnage attentionné de la passionnante vidéo qui se dissimule derrière. Car nous voilà d'un coup transportés dans le monde nos séries préférées ("24" pour l'ambiance conspirationniste ou "Lost" pour le décalage entre réalité perçue et mise en scène quasi-divine permettant de manipuler cette réalité), et, pour peu qu'on ne se laisse pas aller à prendre au sérieux ce scénario stupéfiant et passionnant qui nous est proposé, nous voilà bel et bien scotchés devant cette fiction magnifique que nous proposent les auteurs du film. Rien ne nous interdit de rêver que cette superbe manipulation (de Al Quaeda, de l'opinion mondiale, etc.) est bien un nouveau coup d'Ami et que son scénario - à jamais suspendu, bien sûr - est signé Naoki Urasawa. La fiction est tellement plus belle que la réalité !

Posté par Excessif à 05:47 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


04 juin 2008

Justice Vs. BxN

StressComme des milliers d'internautes semble-t-il, j'ai regardé le "clip" de Justice ("Stress") dont tout le monde - ou à peu près - parle. Je n'avais pas particulièrement envie d'ajouter quoi que ce soit au flôt de commentaires, critiques, condamnations et autres anathèmes qui ont fleuri un peu partout. Sauf que, par hasard, quelques heures plus tard, je revoyais le DVD du magnifique concert d'adieu des Bérus à l'Olympia ("Viva Bertaga !", datant de 1989), et j'étais une fois de plus emporté par l'enthousiasmante folie générale à la fin de "Porcherie". A un moment, Fanfan tend un micro à un jeune black dans la salle (il n'y en n'avait pas beaucoup, à cette époque déjà, alors que le hip hop français balbutiait encore, le rock, même extrême, était une affaire de petits blancs...) pour qu'il chante lui aussi : "la jeunesse emmerde le Front National", avec les centaines d'enragés qui pogotaient comme des malades dans la salle de l'Olympia, qui n'avait jamais vu ça. Ensuite, Fanfan a gueulé : "Jeunesse française, jeunesse immigrée, ensemble, nous sommes de la DY-NA-MI-TE !". Et moi, devant ma télé, je pleurais. Et mes larmes étaient des larmes de nostalgie bien sûr - après tout, c'était notre jeunesse, cette fierté, ces idéaux, naïfs sans doute, mais qui offraient une vraie direction dans la nuit du monde. Mais c'était aussi des larmes de tristesse. Si la jeunesse des banlieues d'aujourd'hui, dont la misère physique et morale est bien pire qu'il y a 20 ans, ne peut plus que se référer à des images - bien léchées, efficaces, effrayantes - de violence aussi auto-destructrices que celles de Justice, quel espoir lui reste-t-il ? Sur la scène et dans la fosse de l'Olympia en 1989, c'était le même malaise, la même haine, la même violence (d'ailleurs le petit bourgeois moyen de l'époque avait sans doute aussi peur des cris de "Vive l'Anarchie" des Bérus que du saccage aveugle des bandes de racaille qui déferlent à la Gare BxNdu Nord ou à la Défense) que celle d'aujourd'hui. Mais ces cris de désespoir étaient collectifs, structurés dans un discours (même incohérent, qu'importe !), transcendés par une vision idéalisée de l'art populaire (les cracheurs de feu, les arts martiaux, les danses folkloriques, les symboles de l'oppression renversés et caricaturés) : ils étaient beaux. Et forts. Aussi nihilistes qu'ils aient pu paraître, les képons qui criaient déjà "mort aux flics" croyaient à un avenir meilleur. Aujourd'hui, ce que Justice, dans sa bêtise et son infamie, nous dit, c'est qu'il n'y a plus rien que à attendre que la réussite individuelle en détruisant l'autre, l'ennemi, en le massacrant. Sarko a déjà gagné.

Posté par Excessif à 05:56 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
07 mai 2007

Un message à Monsieur le Président de la République...

... de la part de notre ami Johnny (le vrai Johnny !) :

Johnny_Cash_The_Bird

Posté par Excessif à 06:37 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]


  1  2