29 novembre 2011
"Valerian Vu Par Larcenet : "L'Armure du Jakolass" : une franche réussite...
Jusqu'à présent, hormis l'excellent travail d'Emile Bravo pour Spirou, la reprise de personnages iconiques de la BD Franco-belge par d'autres artistes n'a engendré que des déceptions : célébrons donc le mini-coup de maître de Larcenet, qui confronte sans complexes son univers (le café de chez Francisque, la médiocrité moderne, diluée dans une tendresse désespérée qui rachète toutes les bassesses humaines) avec celui de Valérian (foisonnement de races dans un melting pot délirant). Le résultat est un vrai album de "Valérian", pas si loin que cela des meilleurs de l'époque de l'âge d'or, et en même temps, une histoire 100% politico-sociale à la Larcenet (illusions et désillusions, mais sans aucun cynisme, découverte du potentiel de ceux qui n'ont plus rien, etc.). Si "L'armure du Jakolass" est un simple divertissement sympathique - esthétiquement remarquable, il faut le souligner -, c'est aussi un exemple étonnant de synthèse de deux styles a priori incompatibles.
29 mars 2007
Valérian et Laureline perdus dans le Grand Rien...
... et nous aussi, oserais-je ajouter, sans craindre la facilité ! Il y a plus de 30 ans, Valérian (sympathique abruti) et Laureline (intelligente et sexy) nous avaient entrainés à leur suite dans des aventures spacio-temporelles (si, si !) qui fleuraient bon les grandes idées de notre génération soixante-huitarde : on avait donc découvert que les galaxies était peuplées de dictateurs aussi corrompus que pitoyables, qu'un jour leurs peuples les renverseraient, mais surtout que la femme était tellement l'égale de l'homme qu'elle lui était bien supérieure. Et puis, Christin et Mézières nous avaient offert le premier "roulage de pelle" entre deux héros de BD pour enfants (sûr que Valérian lui avait mis la langue !). En 2007, Christin ne peut que constater que les jeunes chinoises font de redoutables CEOs redressant des industries à coup de délocalisations, ce qui, admettons-le, ne surprendra personne. Par contre, dans le Grand Rien, on ne nous entendra pas bailler d'ennui : en convoquant les personnages de maintes aventures précédentes dans un inventaire à la Prévert, en cherchant désespérément, non pas la Planète Terre volatilisée dans l'Espace-Temps, mais le fil d'une saga qui s'est depuis un jour égarée, Christin ne s'est pas aperçu qu'il ne nous raconte plus rien depuis longtemps...

