Monumenta_2008_1Les amateurs d'art attendaient beaucoup de "Monumenta 2008", la création de Richard Serra spécifiquement réalisée pour le Grand Palais, et les premiers commentaires d'ami(e)s ayant payé leurs 4 Euros pour aller faire la "promenade" (attention, ce n'est pas une visite !) ont été assez négatifs : de "déception" à "foutage de gueule", les noms d'oiseau ont failli voler. C'est donc sans guère d'illusions que, par un bel après-midi de mai ensoleillé, nous franchissons le seuil du Grand Palais.

La première impression n'est en effet pas fameuse, les 5 monolithes d'acier de Serra, vus de profil, au milieu du gigantesque espace complètement vides du Grand Palais, n'étant pas particulièrement impressionnants : trop fins, trop espacés, on ne ressent qu'un vide (des visiteurs étrangers s'enquièrent apparemment régulièrement auprès du personnel du musée : "... mais où est donc l'exposition ?").Monumenta_2008_2

Et puis quand on commence la promenade, c'est-à-dire à parcourir l'espace, à tourner autour des plaques (17 mètres de haut, 75 tonnes pièce, une bagatelle !), quelque chose se produit : le décalage des oeuvres, non alignées, et surtout la légère inclinaison de certaines (a priori un ou deux degrés seulement, mais ça paraît bien sûr énorme !) rend de plus en plus intrigantes, puis passionnantes, les différentes perspectives qui s'offrent à nous. Jusqu'au magnifique bâtiment du Grand Palais qui commence à se distordre, comme si l'esthétique art déco était contaminée par la brutalité rectiligne de l'acier (l'effet "2001" ?), si la perspective classique se trouvait mystérieusement contaminée par l'intrusion des faux angles droits créés par Serra.

Au final, je l'avoue, j'ai trouvé cela très beau et passionnant.