MarziAutant le reconnaître tout de suite, même s'il s'inspire clairement de la démarche de Marjane Satrapi, "Marzi" n'est pas "Persepolis" : plus que l'exotisme (la Pologne de Walesza est quand même moins "fascinante" que la révolution iranienne, c'est un peu injuste, mais c'est ainsi), c'est le souffle poétique inégalable de Satrapi qui fait ici défaut. On comprends que Savoia et Sowa s'attachent à mélanger le quotidien somme toute ordinaire d'une petite fille - si semblable à celui de n'importe quelle autre dans le monde : ses jeux, ses rêves, ses désirs, ses rapports avec ses parents - avec la "grande histoire" (Tchernobyl, les privations inhérentes au système communiste, la peur qui régit la société) -, afin de créer en nous l'empathie nécessaire à accompagner Marzi dans son ouverture d'enfant au monde. Pourtant, quelque chose dans l'équilibre entre les deux ne fonctionne pas tout-à-fait, et une certaine banalité dilue l'effet émotionnel - de la tendresse et de l'émotion, c'est bien, mais ça reste un peu court - de ce premier tome, pas aidé par un dessin efficace mais relativement passe-partout. On attend mieux de la suite, qui raconte l'affrontement de 1989.