Cet_Enfant_de_SalaudMême si l'extraordinaire scénario de ce quatrième épisode du monument "Sin City" avait été pour moi défloré par le film - tout à fait acceptable, répétons-le - de Robert Rodriguez, la lecture de "Cet Enfant de Salaud" reste une épreuve émotionnelle certaine, au point où l'on se demande s'il ne s'agit pas là du meilleur des 4 premiers livres : c'est qu'ici, la violence et la cruauté atroces, typiques de l'univers absurde et apocalyptique de Frank Miller, se doublent d'une douleur amoureuse et existentielle qui frôlent le vertige. Difficile d'imaginer une histoire plus éprouvante que celle du calvaire de Hartigan, auquel, comme à son habitude, Miller n'offre pas une seconde chance, mais une seconde occasion de souffrir le martyre et de se damner. Difficile aussi, encore une fois, de ne pas rester suspendu, bouche bée, devant la force de certaines pages, à la puissance évocatrice inoubliable. Reste que "Cet Enfant de Salaud" est à déconseiller fortement aux âmes sensibles.